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Gestion de crise pour le groupe Korian après le drame survenu à l’EHPAD de Lherm

 

Source: actu.orange.fr

Ouverture d’une enquête préliminaire

Comme il fallait s’y attendre après le décès de 5 résidents et 16 personnes en urgence relative suite à une possible intoxication alimentaire, le parquet a ouvert une enquête des chefs d’homicides involontaires et de blessures involontaires. Les investigations doivent déterminer si les repas étaient préparés en interne ou apportés de l’extérieur.  Des prélèvements en vue d’analyses toxicologiques et biologiques ont été réalisés et l’autopsie des victimes rapidement pratiquée.

Contrairement à ce qu’invoquent  la direction de l’Ehpad et le groupe Korian, le fils d’une des résidentes de cet l’Ehpad assure que les repas étaient non pas préparés sur place mais livrés.

Une communication de crise soutenue par les autorités administratives

Charles-Antoine Pinel, directeur général France Seniors de Korian, numéro un européen des maisons de retraite qui a repris récemment le Groupe Omega auquel appartenait la Chêneraie, est venu à Lherm.

Sa communication de crise s’est limitée à apporter un message de soutien aux familles. “Nous sommes tous sous le choc. Je tiens à exprimer en mon nom personnel et en celui de Korian ma profonde compassion.”

Selon l’actu Orange, le directeur du groupe Korian aurait refusé face à la presse de répondre aux questions des journalistes sur les circonstances du drame, ce qui est tout à fait légitime lorsque qu’une enquête est en cours après un événement aussi grave.

Les précisions ont en l’espèce été apportées par l’autorité administrative représentée par le directeur de l’Agence régionale de Santé (ARS) Occitanie qui souligne n’avoir “pas eu connaissance du fait que le repas de dimanche soir ait été apporté de l’extérieur et  que dans une période récente, il y ait eu des signalements ou plaintes, qui soient significatifs, même si cela ne préjuge de rien”.

“D’après toutes les informations que j’ai, ce sera vérifié dans le cadre de l’enquête, l’ensemble des repas ont été préparés sur place”, a-t-il reprécisé ce mardi 2 avril sur Franceinfo. “Il y avait eu des contrôles réglementaires faits par des prestataires, le dernier au mois de février, ils n’avaient pas donné lieu à suspicion particulière”. Selon lui, “il est trop tôt pour donner des réponses sur les causes précises (du décès des résidents), l’enquête judiciaire le dira.” Mais pour lui, “il n’y a pas de lien direct entre la question des effectifs et l’intervention de cette intoxication alimentaire.” Des proches des résidents ont en effet pointé le manque de personnel et les prestations en baisse au sein de l’établissement. 

Agnès Buzyn, ministre de la santé, a procédé à la traditionnelle visite ministérielle de circonstance. Elle a martelé selon actu.orange.fr  sa volonté de “comprendre les circonstances du décès des cinq résidents” tandis que trois premières plaintes ont été déposées par des familles. “Nous ne comprenons pas exactement ce qu’il s’est passé, donc l’urgence est de comprendre” pour que “toute la lumière apparaisse et que je puisse prendre des décisions éventuelles”, a-t-elle affirmé à sa sortie d’une réunion à la mairie de Lherm pour faire le point sur la gestion du drame, survenu dimanche soir. 

L’enquête, ouverte par le parquet, doit déterminer “si c’est un accident, un défaut de prise en charge ou une faute”, a ajouté la ministre devant les caméras. Elle a réaffirmé que la suspicion était celle d’une intoxication alimentaire, mais sans “encore de preuves”. 

Sans qu’elles n’aboutissent systématiquement à des décès, les intoxications alimentaires font partie des événements indésirables couramment rencontrés en restauration collective en général et dans les Ehpad en particulier.

Des conséquences immédiates pour Korian

Les conséquences n’ont pas tardé à se faire sentir, l’action Korian affichant la plus forte baisse du SRD, cédant 4,77% à la clôture .

Rappelons qu’au cours des dernières années, Korian s’est engagé dans une course aux acquisitions en France dont  Medica France, autre grand gestionnaire d’Ehpad, mais aussi le groupe Omega en France, propriétaire de 12 résidences Ehpad dans l’Hexagone, dont La Chêneraie, où s’est produit le drame. Afin de conforter ses ambitions à l’international : il a aussi racheté les groupes Seniors, basé en Espagne et Schauinsland, en Allemagne.

Korian gère 78000 lits répartis ans 803 établissements. Son chiffre d’affaires s’établit à 3,336 milliards d’euros dont la moitié réalisée en France, selon le quotidien Les Échos.

Comme le rappelle le site francetvinfo.fr Korian, et son principal concurrent Orpea, avaient été mis en cause en septembre 2018 lors d’une enquête d'”Envoyé spécial” consacrée aux conditions de vie dans les Ehpad, qui pointait les dérives des maisons de retraite privées. Les équipes du magazine y relevaient notamment une véritable course aux économies au détriment de la santé des résidents. Le groupe Korian avait alors refusé de répondre aux demandes d’interview.

Un autre épisode avait aussi selon ce même site d’information écorné la réputation du groupe. Début 2017, treize résidents de l’Ehpad Korian Berthelot à Lyon sont morts de la grippe. En tout, 72 résidents sur les 102 pensionnaires que comptait l’établissement avaient contracté le virus. L’Inspection générale des affaires sociales (Igas), chargée d’enquêter sur le sujet, avait notamment pointé “l’insuffisance patente du taux” de vaccination. Une porte-parole du groupe avait alors assuré que l’entreprise étaitdéterminée à mettre en œuvre les préconisations du rapport” de l’Igas, tout en rappelant que “sur l’ensemble des établissements Korian, le taux de vaccination atteignait les 90%”.

Si la justice venait à confirmer les faits d’homicides involontaires et de blessures involontaires, cette crise pourrait être fatale pour Korian.